S’accorder du temps pour soi : pourquoi c’est si difficile

« Je n’ai pas eu le temps, pas une minute à moi » : cela vous arrive de dire cela ?

Et oui, nous avons du mal à nous dégager du temps, ce temps si précieux pour se ressourcer, se détendre, ne rien faire ou au contraire, faire ce que l’on aime. Il est finalement assez simple de disposer librement de son temps, cela ne demande pas de compétences particulière, pas d’effort physique ni d’argent et pourtant, cela nous parait souvent impossible.

Le temps est une donnée subjective et chacun de nous a sa propre manière de sentir le temps passer et de se l’approprier.

Pour autant, nous rencontrons tous la même contrainte : comment trouver plus de temps pour nous ?

Ce constat est largement répandu, nous manquons tous de temps !

Nous nous en plaignons souvent, nous aspirons tous à (re)trouver cet équilibre pro-perso, et pourtant quelque chose freine et nous empêche de reprendre la main sur notre emploi du temps, pourquoi ?


Que cachent réellement nos difficultés à nous accorder du temps ?


J’ai voulu comprendre et je me suis interrogée sur ce phénomène qui est en grande partie inconscient.

Pour cela, il est nécessaire d’éclairer les processus psychologiques qui sont à l’œuvre lorsque nous résistons malgré nous à nous accorder du temps.


1. L’action pour compenser la perte de sens


Nous vivons à l’ère de l’accélération et les injonctions au « toujours plus vite » sont partout, mais cela n’explique pas tout. Nous avons plus de confort de vie, plus de temps libre, plus de loisirs et de manière paradoxale, nous nous plaignons d’avoir moins de temps pour nous, plus de contraintes, plus de stress. Les valeurs essentielles se sont diluées, nous avons tellement de choix que nous en perdons le sens de nos actions. Les sources de nos plaisirs sont dans l’immédiateté avec plus d’excitation, plus de facilités et toujours plus d’action. Cela nous entraîne dans une course en avant, nous laissant l’impression de perte de sens et de profondeur dans nos existences. Nous avons perdu la possibilité de nous arrêter et de ralentir car nous ne savons plus après quoi nous courons.


2. Le déni de la suractivité


Dans cette fuite en avant, l’hyperactivité est destinée à compenser un manque, un vide, à masquer nos questionnements, nos difficultés et au-delà, notre angoisse de mort. On rencontre des personnes surchargées qui vivent dans une course effrénée.

Ces personnes manquent forcément de temps puisque c’est justement le but, ne pas avoir le temps d’être seul face à eux même et se confronter à leur existence.

Je pense aux personnes à la retraite qui, pour éviter de se confronter aux enjeux de la vieillesse, se jettent à corps perdu dans un rythme effréné. Le temps qui passe est vécu comme un ennemi et prendre du temps pour soi signifie vieillir.


3. Il est difficile de se recentrer


Nous avons tous de multiples sollicitations extérieures entre le travail, la famille, les amis, les réseaux sociaux et cela alourdit nos agendas comme notre charge mentale. Tout est fait pour nous accaparer et l’on peut se faire happer facilement. Prendre du temps pour soi implique une vraie démarche personnelle : c’est faire le choix de se mettre à l’écart, de ne pas céder aux sirènes du toujours plus, d’adopter une discipline personnelle pour se recentrer sur ses besoins personnels.


4. La culpabilité est le frein principal


Prendre du temps pour soi, se donner la priorité, c’est se mettre à la première place sur la liste des choses à faire et cela implique de se positionner, de dire non aux autres, de poser des limites à notre vie professionnelle. Cela n’est pas facile.

C’est parfois mal vu de faire cela et l’on craint de passer pour un égoïste.

C’est la culpabilité qui nous empêche d’être serein avec ce choix, coupable de dire non aux autres, coupable de se dire oui à soi . Cette culpabilité est liée à l’estime de soi . Une faible estime de soi amène à donner plus de valeur au regard de l’autre et à adapter sa vie aux attentes des autres plutôt qu’à ses propres besoins. Notre estime de soi se nourrit de notre histoire et de notre construction personnelle, rétablir son estime de soi implique un travail sur soi thérapeutique.


5. Nous ne savons pas toujours écouter nos ressentis


Je l’ai cité plus haut, nous avons l’impression d’avoir moins de temps et pourtant, nous n’avons jamais travaillé si peu, eu autant de temps libre. C’est notre charge mentale qui s’est alourdie et qui nous fatigue. Nous sommes saturés d’informations à traiter, d’interlocuteurs, notre quotidien est envahi par les nouvelles technologies, et le silence a disparu. Nous n’arrivons plus à ralentir pour faire des pauses et écouter nos besoins. Nous vivons derrière nos écrans et nous surinvestissons le « cérébral ». Nous n’écoutons plus nos ressentis physiques et émotionnels.

Ce sont pourtant eux qui nous renseignent sur nos besoins physiologique, ils nous alertent quand nous avons besoin de de repos.


6. Nous avons tant de mal à lâcher prise


La difficulté à lâcher prise et à déléguer nous empêche de nous libérer de certaines tâches et de retrouver le plaisir et la détente. Tout occupés que nous sommes, nous ne savons pas temporiser, prendre du recul pour voir que notre perfectionnisme nous pèse.

Notre besoin de contrôle nous pousse à en faire plus et nous prive de repos. Nous pourrions déléguer certaines choses mais nous ne le faisons pas, nous pourrions également laisser de coté certaines tâches mais nous avons perdu l’habitude.

C’est en comprenant nos processus psychologiques que nous pouvons changer nos habitudes. Appliquer des recettes d’organisation et prendre de bonnes résolutions n’est pas toujours suffisant pour faire évoluer ses habitudes de vie.


J’espère que cet article vous aura donné des pistes de réflexion, pour faire évoluer votre relation, avec vous-même et avec votre temps. Prenez soin de vous.


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Le repos est nécessaire pour rester en bonne santé

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